Altitude constante : Aziz

ALTITUDE CONSTANTE : AZIZ

 

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OTH: Pour ceux qui ne savent pas, qui vous êtes, ce que vous faites, d'où vous venez.

A: Je m'appelle Abdel-Aziz Dosso, j'ai 24 ans. Je suis né à Philadelphie. Mon père a trouvé un emploi en Arabie Saoudite quand j'avais 3 mois, c'est là que j'ai grandi. J'y suis resté 11 ans. Mes parents sont ivoiriens. La première fois que j'ai vu la Côte d'Ivoire, c'était quand j'avais 11 ans, parce que mon père a fini son travail et nous avons dû rentrer à la maison. Donc, c'est là que j'ai réellement vu mon pays. Et à partir de là, j'ai continué à aller à l'école. Je suis dans une famille de 15 personnes et je suis la plus jeune. 

OTH: Vous avez 15 chambresothfrères et sœurs ?

A: Oui, je suis le plus jeune.

OTH: Oh mon Dieu. Les retrouvailles doivent être si allumées.

A: Absolument. Je vais y retourner, c'est une expérience. En passant par chaque personne de la famille, vous avez des expériences de vie qui vous aident à grandir plus rapidement. Je suis allé à l'école en Côte d'Ivoire aussi. J'avais des amis en Arabie Saoudite et en Côte d'Ivoire. Je voyageais beaucoup quand j'étais enfant, car mon père est diplomate. J'ai donc grandi en France aussi. La première fois que je suis venu au Canada, c'était en 2007, car mon otheuh sœurs vivaient ici pour les études. Donc je venais souvent ici pour les vacances. J'ai officiellement déménagé ici pour étudier en 2016. Je suis allé à l'UDM et j'ai fait une mineure en économie et une majeure en communication. C'est pendant que j'étais à l'école que j'ai commencé à faire du mannequinat. Tout le reste a commencé quand j'ai commencé à modéliser. J'ai pu nouer des contacts, voyager beaucoup, comme à Paris, Milan, Londres pour des défilés et tout.

OTH: Quel a été le premier concert de mannequin ?

A: Pour Frank And Oak en 2017. J'ai aussi fait des trucs pour Michel Brisson la même année.

OTH: Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les défilés de mode ? Qu'avez-vous ressenti lorsque vous avez reçu l'appel pour faire votre premier spectacle en 2018 pour Marni ?

A: C'était fou. J'ai toujours voulu être mannequin et ma famille m'a toujours dit que je ressemblais à un mannequin. Ma grande sœur m'a beaucoup inspiré avec son propre art et a même pris les premières photos de moi qui m'ont permis d'être repéré. Quand tu rentres dans le défilé, tu ne sais pas ce qui va se passer, où est-ce que ton regard va tomber ou sur qui. Mais je me rappelle très bien que dès que je suis rentré, j'ai vu une célébrité. C'était le premier regard que je fixe en fait et je ne savais pas si ça se passait vraiment ou quoi. Et là, je me rend compte que oui. J'ai fait mon tour, et avec cette expérience, je me suis dit il m'en faut un autre, il m'en faut un autre. Et ouais, ça c'est fou comme première expérience. 

PREMIER DÉFILÉ D'AZIZ POUR MARNI, 2018

OTH: C'est comme commencé, c'est local. Frank And Oak, Michel Brisson, qui sont de bonnes marques à Montréal, mais tu as aussi travaillé avec New Regime avant de faire les pistes. Tu as marché pour Marni en 2018 au men's fashion week et puis Spring Summer 2020 pour Vêtements. Sies Marjan, Casablanca. pensez-vous dire que lorsque vous avez fait votre premier défilé pour Marni, vous vouliez continuer à le faire ?

A: Je pense que le jour où j'ai quitté Montréal je savais que j'allais faire ça, mais je ne savais pas que ça allait prendre cette ampleur-là. Littéralement Vêtements c'est une famille, ils m'ont rappelé 3 fois, j'ai même été exclusif à un moment. Et je me rappelle quand j'avais fait pour la première fois le défilé pour Vêtements, c'était le directeur créatif qui m'a casté. Je me rappelle très bien, j'étais même pas au casting. J'étais assis et il m'a regardé et m'a demandé ce que je faisais ici et qu'il aimait bien mon look. Et je lui ai dit que j'étais juste là pour accompagner mon ami. Et il m'a dit, ok, passe au casting aussi. Je fais la piste pour leur montrer comment je marche. Et le gars m'a dit ok va essayer des vêtements. Il y avait une dame qui s'appelait Lara et qui m'a demandé d'essayer des vêtements. Le premier défilé que j'ai fait pour Vêtements, c'était le défilé le plus fou. C'était au McDonald's, j'avais des potes qui mangeaient des frites pendant le défilé, même moi je mangeais des frites. C'était juste fou. C'est le McDo des Champs Elysées, c'est le McDo qui a le plus de trafic. Mais comme tu disais, dès le premier défilé que j'ai fait avec Marni, je savais que j'allais commencer ma carrière à ce moment-là. Parce que quand t'es mannequin et que tu arrives à aller en Europe, qui est un des marchés les plus compliqués et tu marches pour une marque comme Marni, les regards se tournent vers toi. Même quand je suis revenu à Montréal, j'ai travaillé pour SSENSE pendant un an et demi. J'étais souvent engagé par des marques européennes pour faire des ECOMS comme Balenciaga et autres. 

OTH: Il y a évidemment une grande différence entre les campagnes locales et les grands défilés comme la fashion week. Quelles sont les plus grandes différences ? 

A: Je suis un grand fan de nouvelles rencontres. Pendentif les fashion week c'est fou parce que t'as tout le monde qui vient des quatre pièces du monde. C'est vraiment ça qui m'a permis de grandir en temps que personne, c'est vraiment rencontrer des nouvelles personnes. Quand c'est local, c'est souvent des gens avec qui tu as déjà travaillé plusieurs fois, ou des gens avec qui tu as déjà de l'affinité, c'est comme des amis. Quand tu fais les pistes t'es livrées à toi-même et tu dois faire ta propre expérience de ce que tu vois et c'est ca que j'ai vraiment aimé dans le mannequinat, à la fin, c'est le capital humain aussi qui t'aide à aller de l'avant. Genre, j'ai rencontré des mannequins qui sont de très grands artistes, genre des directeurs de casting, qui t'aident à pouvoir pousser tes projets à un autre niveau, qui sont inspirants à un autre niveau. 

OTH: Est-ce que tu es signé avec une agence de mannequins actuellement ? 

A: Là j'ai encore ma mother agence, qui est MAVEN. Wonderwall à Milan, et une agence de Toronto. Je commence vraiment à être plus impliqué dans ma musique, et ça commence à prendre de plus en plus de temps. Et ça aussi ça prend du temps à bâtir. 

OTH: Ta carrière de musique, ça fait quand même un moment que tu l'as commencé. T'as commencé de Zizsound, Ziz l'Affaire, Life with Aziz et la t'es rendu a møziz. À quel moment avez-vous commencé à dire que le mannequinat c'est bien et que j'aime tout ce que je fais avec, mais que je veux aussi faire de la musique ?

A: J'ai l'impression que la musique a toujours été là, c'était la chose que je voulais faire le plus. Il fallait que je passe par le modelage pour vraiment assumer le fait que je puisse faire de la musique. Parce que c'est une acceptation de sa personne. Parce que le mannequinat c'est pas un milieu qu'est facile, encore moins chez les femmes. Par exemple, je suis religieux et je remercie toujours le seigneur de m'avoir donné une belle peau, une grande taille et des critères qui fonctionnent dans le modelage. Mais ce n'est pas comme si j'avais travaillé pour être mannequin. C'est quelque chose dont j'ai été doté naturellement. Alors que la musique, ça fait depuis 2016 que je me suis mis à faire des beats, j'ai vu ma progression, j'ai vu comment je bosse et bosse. Mais si dans le modèle, tes premières photos et tes dernières photos ne sont pas la même choisies, tu vois que tu sais comment prendre une photo. Mais les heures de travail que j'ai mis dans la musique me rendent fier de ma personne, et de mon évolution. C'est ça genre, l'art c'est un 360. Comment est-ce que tu rends tes rêves réalité. Comment est-ce que tu arrives à matérialiser ta vision ? Et je trouve que passer par la musique, et toutes sortes d'art. C'est pour ça que mon premier album que j'ai sorti j'ai fait un court métrage. Parce que tu ne peux pas avoir de musique sans visuel non plus. Il faut que ta réalité soit vue en 360. 

OTH: Et ça tu l'as fait récemment non ? Tu l'as shooté en Côte d'Ivoire ? 

A: Oui, je l'ai tourné en Côte d'Ivoire. Le tournage en avril et je l'ai sorti en juillet. 

OTH: C'était comment ca, était-ce le début de ta découverte du cinéma ? ou avez-vous demandé à quelqu'un de le faire pour vous?

A: C'est fou parce que je travaille beaucoup avec mon frère, Moustapha, et c'est avec lui que j'ai lancé LINKS. Pour le coup, LIENS est un produit de court métrage. Et en fait c'est mon frère qui est rentré en contact avec un grand réalisateur à Montréal, William Niava. Il m'a aidé à faire la vidéo. J'étais indépendant, j'essayais d'être signé par un label et il m'a proposé de filmer pour moi. Il était aussi ivoirien et quand on lui a dit qu'on voulait le faire en Côte d'ivoire, il nous a dit que ça tombait bien parce qu'il y était aussi. Mais à cette échelle-là, c'était vraiment un panoramique. Il fallait avoir une histoire. C'est vraiment une histoire personnelle dont je parle dans le court métrage. Il fallait avoir un esprit critique pour pouvoir se mettre dans la peau de l'auditeur et voir comment ça se fait. William m'a vraiment aidé directement, mais sur l'a fait ensemble en fait. Par exemple, dans le montage et le sound design, c'est moi qui l'ai fait. Faire le montage, le sound design, la coloration je l'ai fait avec un de mes potes qui s'appelle Adel qui travaille chez la cour des grands.

E-motion : Time Machine + Cycles À partir de Will Niava on Vimeo.

OTH: Vous avez donc parlé de la façon dont votre musique est très profonde et liée à vous, comme une forme d'acceptation de soi. Diriez-vous que tout au long de votre carrière de mannequin, alors que vous faisiez plus de spectacles avec de plus grands noms, pensez-vous que cela vous a amené à être plus confiant et à pouvoir ensuite commencer votre musique ?

A: Ouais absolument. J'ai commencé à faire de la musique avec mon cousin. Quand j'étais sous le nom de life with Aziz à ce moment-là, j'étais plus un producteur qu'un artiste. En ce moment je fais both et j'ai aussi ma propre carrière. Mais pour moi, j'aime être producteur parce que vous êtes sous quelque chose, les gens n'ont pas nécessairement besoin de vous connaître et vous pouvez en quelque sorte rester dans l'ombre et continuer à faire votre travail. Mais se mettre en avant est quelque chose de très difficile. Nous savons que les gens jugent. Par exemple, faire de la musique électronique ou techno alors que souvent tu es noir sur la scène, ça peut être vu d'une manière un peu plus genre, je sais pas comment expliquer, mais un peu différent, tu vois ce que je veux terrible? Alors que souvent, quand on va me voir on va me demander si je fais de la trap ou pas. Parce que faire de la trap c'est plus noir. 

OTH: Parce que tu es un homme noir, les gens stéréotypent et supposent que tu fais de la trap plutôt que de l'électronique ?

A: Exactement, c'est fou. Il y a un gros effet de choc parce que je fais de la musique vraiment techno. Alors que la musique techno c'est vraiment un style de musique d'abord qui vient de chez les noirs. Pour moi c'est juste l'émotion que je ressens dans la musique techno c'est juste l'énergie que je veux faire reculer tu vois. Et pour moi la musique électronique c'est la nouvelle façon de pouvoir matérialiser ses émotions. Je vais prendre ma vie comme exemple, tout ce qu'on pense qu'on peut pas faire j'ai envie d'essayer de le faire et de le pousser à 100 % pour un peu casser les stéréotypes.

OTH: Donc, vous avez mentionné que lorsque vous êtes producteur, vous êtes un peu plus dans les coulisses. Internet se produisait à Montréal et ils ont joué une de leurs chansons que Kaytra a produites et Kaytra était dans le bo VIPoth, mais personne ne s'en est rendu compte. Le fait que le talent montréalais soit impliqué dans la chanson et qu'il soit ici mais pas sur scène, ça m'a époustouflé. 

A: C'est juste pour dire que ce beat la c'est un des meilleurs, Girl de Kaytranada. Ce beat la je l'ai écoutée.. J'ai fait saigner ce son là. Quand c'est comme ça, je pense que sa fierté vient du fait que son fils est en train d'être joué. Après c'est un truc de caractère aussi, je pense qu'il y a des gens qui sont faits pour être à l'avant de la scène, et d'autre pour faire le travail et rester en arrière de la scène. 

OTH: Il y a certainement 2 types de personnes à coup sûr. Beaucoup de gens disent que Montréal fait du rattrapage. On essaye de se rattraper aux US, a toronto. Mais maintenant que nous commençons à être plus reconnus, comme Kaytra vient de ramener à la maison 2 Grammy's. Kallitechnis à Los Angeles. Skiifall à Londres, et cela n'inclut même pas tous nos designers qui sont ici et qui explosent. Que répondez-vous aux gens qui disent que Montréal fait du rattrapage.

A: Je veux dire que je ne suis pas d'accord avec ça. Pour avoir beaucoup voyagé montréal c'est une des villes les plus créatives que j'ai vu de ma vie, la seule chose qui manque, c'est que les gens viennent à montréal pour s'inspirer puis retournent dans les grandes villes pour ensuite la répandre. Nous avons tout ici, mais nous avons besoin d'une plate-forme pour être autonomes. Je trouve que ya pleins de personnes qui font des fous trucs ici, ils vont tjrs aller dans les grandes villes et faire leurs noms la bas, ce qui est bien mais après ils vont juste rester dans ces villes-là. Alors que pour moi, je pense que si tu fleuris c'est bien de revenir et de redonner la reconnaissance à la ville. Parce que ya tellement de truc qui sont fait ici, comme des grands films, les VFX dans les plus grand films box office des nous, .. ils sont fait ici. Ca veut dire qu'on sait très bien que c'est ici qu'il ya du talent, Montréal c'est une ville de fou. Mais c'est aussi en termes de géographie et de population, on est pas aussi nombreux que dans d'autres villes par exemple NY il sont 10 fois plus grands donc quand il y a des nouveaux produits, tu as déjà différents types de clientèle. Alors qu'ici, t'as un peu qu'une seule type de clientèle. C'est ça qui fait que Montréal peut apparaître comme une petite ville actuellement. Mais je pense que les prochaines années vont être très intéressantes. 

OTH: C'est cool que tu dises ça. J'ai posé cette question à toutes les personnes créatives et tout le monde est à peu près d'accord pour dire que Montréal est là et que nous sommes là pour rester et que nous ne rattrapons plus notre retard. Tout le monde disait la même chose, qu'il nous manque un système de soutien. C'est quelque chose que Off The Hook essaie de faire, parce que les créations ont fait partie de OTH depuis très longtemps, cela fait partie de notre ADN. Tous ces artistes que les gens ne connaissent peut-être pas, nous continuons à les pousser et à les élever. D'où le terme, élévation constante. C'est toujours comme ça, les liens se font à travers les événements que nous organisons et nous voulons être le point de ralliement pour cela.

A: C'est ce que j'aime dans la vie, comme en faisant des choses, vous pouvez inspirer les jeunes générations. C'est ainsi que vous créez un système complet. Tu peux être ce repère là pour les jeunes pour pousser ce que tu as déjà commencé à un autre niveau. Parce que vous avez une éthique de travail qui va être une base, mais on ne sait jamais ce que les plus jeunes peuvent pousser à un autre niveau. Montréal va pouvoir avoir ce truc. Il faut que chaque ville ait son propre système, sa propre manière de faire les choses sans avoir besoin des autres. Et puis quand on aura ce système bien établi et solide, quand on va se déplacer et faire des événements, imaginer off the hook fait des evenement a paris ou a londres, l'energie qu'on va sentir va etre l'energie de la ville et c'est vraiment a ca qu'il faut arriver. Parce que l'éthique du travail, la qualité du produit, Montréal c'est l'une des villes qui est la plus belle avec ses talents. Même avec LINKS c'est ce qu'on essaye de faire, de rassembler tout le monde. LIENS c'est une seule personne, c'est montréal et puis comment ce qu'on peut pousser les créatifs à un autre niveau, ici comme à l'étranger. Je trouve que c'est une bataille qu'est noble, c'est comme si nous-même on se retire de l'équation. On le fait pour l'unité qui est Montréal. 

OTH: C'est la deuxième fois que vous parlez de LIENS, rencontrer de nouvelles personnes, mettre les gens sur la carte. Est-ce la principale raison pour laquelle vous avez lancé LINKS ? Plus tôt, vous avez mentionné que vous avez commencé LINKS vous et votre brotheuh, et vous avez fait de la cinématographie. Mais que fait LINKS d'autre ?

A: LINKS avait commencé en 2019, pendant mural et on a fait une exposition. Il y avait des peintres, des photographes, des artistes, des performances, etc. comme on a dit d'amener le 360 ​​pour montrer au maximum le talent de montréal. Ici, sur une eu des performances d'artistes, qui aujourd'hui ont pu lancer leur carrière à un autre niveau. C'était le premier live de plusieurs personnes comme Lara, une chanteuse de pop et maintenant elle est chez sony. Il y avait aussi, golden child, qui avait performé aussi. Quand tu donnes un écosystème qui est favorable à une personne pour s'exprimer, ça peut débloquer quelque chose dans son cerveau et le pousser à aller plus loin. L'idée derrière LIENS c'est tout ça, de tous travailler ensemble. Commentaire sur essaye de faire les choses, sur va chercher les meilleurs pour un projet spécifique. Quand on dit que LINKS a fait quelque chose, ça veut pas dire que c'est moi qui l'ait fait, c'est pas mon frère, ça peut être toi aussi. Et sur un ensemble tous réfléchi pour donner le produit de la meilleure qualité possible et de la meilleure façon possible. C'est sans limite, il n'y a pas de médium spécifique. Ça passe de la musique au design industriel au vêtement. Partout où la créativité nous transmet, nous y sommes. 

OTH: Vous avez également aidé ces personnes à obtenir les outils dont elles ont besoin pour créer ce qu'elles veulent créer. 

A: Si je peux allumer la flamme de créativité en toi avec cet effort de travail là c'est ça qui me rend le plus heureux en fait. 

OTH: Avez-vous pris un peu de recul par rapport au mannequinat ? La plupart du temps, lorsque votre nom flotte, nous en entendons toujours parler via des LIENS ou via votre musique ou vos visuels.

A: Le truc c'est que j'ai pris une petite pause mais je ne vais pas dire que je ne suis plus mannequin parce que par exemple si une belle opportunité se présente à moi je vais probablement la saisir si j'aime la vision et tout. C'est juste que je trouve qu'on peut essayer beaucoup de trucs encore et puis la par exemple justement des LIENS, on est parti à la fashion week de Paris. C'était fou, on a fait deux ou trois party dans les plus grosses boîtes de Paris. Il y avait le pop-up organisateur avec Pierre Bassene qui était incroyable. On a travaillé avec pleins d'artistes dans l'industrie de la musique, et à la fin de la journée c'est comme ça qu'on arrive à faire la connexion entre ce qu'on fait et les légendes qui... est-ce-que on dit ca… les liens qu'on arrive à créer à travers l'art. Donc en fait, ça a commencé par le mannequinat et ça reste du mannequinat mais c'est plus gros que ça. C'est le monde de l'art.

AZIZ AVEC DES LIENS À PARIS, FRANCE, 2022

OTH: Alors LINKS a été créé avec vous et votre brotheuh, à quoi ressemblait la discussion lorsque vous avez décidé de lancer LINKS. Pourquoi avez-vous choisi Moustapha parmi vos 14 otheuh frères et soeurs? Est-ce que tous vos frères et sœurs font quelque chose de créatif ?

A: Ouais, en quelque sorte. Nous avons beaucoup d'artistes dans la famille. Mon grand frèreother était en fait le premier modèle, il a aussi commencé sa carrière de mannequin à montréal. En les regardant, ça m'a inspiré à être mannequin. Ma sœur qui fait de la peinture, elle avait aussi un blog. C'est elle qui m'a appris à rechercher un art. Moustapha c'est mon jumeau, on est vraiment tout le temps ensemble c'est même bizarre qu'il soit pas là actuellement. Pour créer des LIENS on avait commencé à 3, Moustapha et un de nos amis William qui était mannequin aussi. Pour moi, je suis plus dans le côté créatif de LINKS et Moustapha c'est le businessman et la conceptualisation de beaucoup de choses. Je me rappelle qu'ils ont fait une rencontre avec William a un shoot et avec Moustapha on parlait beaucoup de faire un collectif mais vu qu'on venait pas de montréal c'était compliqué de connecter les points et rallier les gens pour créer cet écosystème et lancer ça avec confiance. Moustapha et William se sont rencontrés à un tournage et ils ont été immédiatement connectés. Et William qui faisait partie de la scène artistique de montréal nous a aidé à lancer LIENS. Et c'est après une discussion avec Moustapha et William qu'on a concrétisé ça. 2 jours après on a commencé l'instagram et 2 semaines après on a commencé le premier événement à mural. C'était vraiment un mois après y avoir réfléchi. Je me rappelle de cet événement parce qu'avant je ne mixais pas, mais je me suis demandé comment est-ce que je peux apporter quelque chose à cet événement en tant qu'artiste. Et je me rappelle, 2 semaines avant le show j'ai acheté mes platines et je me dis que j'allais mixer à ce show la. Et pendant 2 semaines, légitime je me réveillais, je me brossais les dents, je mixais, j'avais aucune compétence, zéro. 

OTH: C'était où ?

A: C'était au WIP. Et c'était fou parce que la première fois où je me suis retrouvé à mixer devant des gens c'était devant au moins 500-600 personnes. C'était vraiment rempli. Et je me rappelle que si j'arrivais pas à mixer là j'allais jamais mixer. Et je l'ai fait, puis maintenant mixer c'est devenu plus facile en fait. C'est comme ça que LIENS a commencé, sur un coup de tête. 

OTH: Alors maintenant, diriez-vous que vous êtes un DJ, un producteur. Faites-vous encore du mannequinat à côté ?

A: Oui, je suis toujours mannequin. C'est une des dernières campagnes que j'ai faites. J'ai fait du ecom pour DOMREBEL récemment. Alors, Je le prends plus relax, parce que revenir dans la journée c'était vraiment intense. Je me levais à 6 heures, pour être à SSENSE à 7h du matin. Et c'était vraiment mon activité principale pour un bon bout. Là maintenant, je m'adapte d'une manière différente. 

OTH: Donc ton planning live c'est surtout toi qui travaille sur ta musique et après ça des concerts modèles à côté, et des LIENS aussi là-dedans aussi ?

A: C'est ça. Actuellement c'est beaucoup plus sur la musique et LINKS et en ce moment beaucoup de direction artistique pour des clips vidéo. Quand on a fait le court métrage, ça nous a envoyé beaucoup de contrats sur la scène artistique. Par exemple, le collectif coup de Karma, de Toronto. C'est un collectif qui a produit pour Don Toliver. Cardigan, un des gars qui a produit No Flocking de Kodak Black. Et c'est à travers le court métrage, y'a un des gars qui ont aimé ma manière de direct et ça nous a envoyé des contrats dans ce genre de trucs, beaucoup de consulting aussi au niveau de la direction artistique. On se concentre vraiment sur différentes sortes de produits. 

OTH: Tu as aussi une photo de groupe avec toi Koku, et Pierre Bassene ? Donc vous avez aussi des liens avec Toronto ?

A: Oui, je pense que Toronto est le prolongement de Montréal et vice versa. Il y avait une photo sur Vogue de Pierre en 2018, et c'est la première fois que je l'ai rencontré et c'est fou parce que c'est à ce moment là je ne savais pas qu'on allait devenir si proche que ca c'est un de mes meilleurs amis maintenant. On a fait la photo après un show, mais à part ça être comme les meilleurs amis c'est incroyable. La vie réserve des surprises à chaque fois, c'est fou.

OTH: Donc, votre processus de création musicale consiste vraiment à être dans l'instant ?

A: Ouais absolument. J'ai l'impression d'être toujours plus inspiré quand je rencontre de nouvelles personnes, la conception, les relations, c'est ça qui me pousse vraiment à créer. Par exemple, si je rencontre une nouvelle fille, y'aura toujours une musique qui sort de ça. Ça n'a même pas besoin d'être une relation, juste discuter avec une personne. Même après notre discussion, ça va m'inspirer, je vais aller créer. 

OTH: Donc, vous puisez votre inspiration dans beaucoup de choses, de moments, d'émotions et de choses que vous traversez. J'ai l'impression que c'est quelque chose de vraiment récurrent, tu aimes connecter, rencontrer, créer des choses et rassembler les gens de Montréal. 

A: C'est un paradoxe un peu, parce que de nature je suis vraiment introverti. Quand je parle à quelqu'un, je veux ressentir l'émotion derrière cette personne, et je veux que cette personne ressente aussi mon énergie. J'ai l'impression qu'il y a beaucoup de fake talk et de small talk, par exemple je vais rencontrer quelqu'un dans la rue et je vais mettre ma concentration à 100% sur la personne. Et c'est vraiment ça qui me pousse à rencontrer les personnes. Parce que j'ai envie d'apprendre des autres et si quelqu'un peut apprendre quelque chose de moi et rendre sa vie meilleure, ça me rend heureux, c'est ça le truc. C'est vraiment rencontrer de nouvelles personnes.

OTH: Depuis combien de temps travaillez-vous sur votre nouvel album actuel ?

A: J'ai commencé à travailler dessus avant Paris. Le premier était de vieux morceaux sur lesquels j'avais déjà travaillé. Mais par exemple, Le moment, ça fait trois ans que je l'ai fait. Souvent c'est ca, c'est pas que je fait un album, souvent c'est juste que j'ai tellement de musiques, et souvent c'est les memes émotions que je retrouve dans toute les musique, donc quand je l' ai mets sur un projet ça me donne directement une identité parce que j'essaye pas de faire une musique qui sort toujours. Il y a pas de règles, c'est juste des émotions qui est le but donc ça ressemble à tout le temps. Il y a toujours une histoire derrière. Alors pour ce projet la, se ne m'a pas pris beaucoup de temps à faire. Après c'est vraiment une question de mixer qui est compliquée parce que c'est une question de "Comment voulez-vous que ça sonne ?" 

OTH: Lorsque vous avez choisi le son de votre nouvel album, quel a été le processus de réflexion pour le trouver ?

A: Le projet, Panemorfi, vient des Grecs qui veut dire "C'est le beau." "Tout ce qui est beau." et en fait c'est vu que les Grecques est une des premières civilisations qui ont été les précurseurs de toutes les langues, les arts qu'on voit aujourd'hui, alors j'ai voulu les prendre eux pour montrer la première version de la beauté. Ca commence avec Revyve, et pour moi c'est un ode à la renaissance, donc en fait ce projet là, c'était entre le COVID et tous ca, donc Revyve a venir pour dire mais nous sommes de retour et je suis de retour. et après c'est The Moment. The Moment c'est après avoir réfléchi tout ces années je me rends compte que, penser au passé et penser au futur c'est cool et peut-être que tu peux voyager dans le temps mais tu n'es pas là, tu es censé vivre dans le moment. C'est la seule chose que vous pouvez réellement changer par exemple, donc cette chanson à ce sujet. Par exemple, je dis comme « Désolé d'avoir compté mes bénédictions, merci à Dieu pour mon timing. J'aurais pu perdre mon cerveau en pensant à tout ça et me perdre, mais Dieu merci, je suis là. Et après cela, vous avez King, et cette chanson est essentiellement pour moi de dire que je suis fier de moi et de continuer à faire ce que je fais. La dernière chanson, 1987 est spéciale parce que je parlais de ma motheuh que j'ai perdu quand j'avais 17 ans. C'était une communication pour elle. Ce qui est drôle avec ce type de musique, c'est que je lui parle mais je parle aussi à tout le monde et les gens peuvent prendre les mêmes paroles et les appliquer à otheuh les gens. Je parlais juste de l'amour à la fin de la journée et de la façon dont vous partagez l'amour et d'être conscient des gens autour de vous parce que chaque jour vous avez cette chance de faire un pas en avant et d'être une meilleure personne. J'ai l'impression que l'amour est la façon dont vous trouverez toujours quelque chose de nouveau et comment vous trouverez quelque chose qui vous inspire. Ce projet concerne vraiment la beauté de la vie, c'est pourquoi j'ai choisi le nom de Panemorfi. La chose assez malade à propos de ce nom et l'une des raisons pour lesquelles je l'ai choisi est parce que vous avez "Pan" et "Pano" est comme un ensemble de suffusion, comme panoramique et "Emorfi" est comme beau et "Emo" est pour les émotions. Ce nom est un peu comme un casse-tête, mais ça m'a donné exactement ce que je voulais. 

OTH: Prévoyez-vous d'expérimenter sur other lieux créatifs?

A: En fait, en ce moment, je suis en train de concevoir une collection. On va faire des vêtements, pour le moment c'est 2 articles. On va essayer de faire des collaborations avec Pierre Bassene et Streetlust. C'est fou, il s'appelle Alpha. Je l'ai rencontré au défilé de Casablanca à Paris, et il m'a dit je te connais de montréal. A ce défilé, il y avait beaucoup de gens de Montréal, y compris les gars de Saintwoods. Donc, de là on a connecté, lui c'est mon frère aussi. Il vient du Cameroun, sa famille de Côte d'Ivoire. Les cotes sont incroyables. On va faire des collaborations avec eux. Là je suis en train de préparer un bel article, je pense que vous allez aimer. Peut-être après ça, je pensais justement monter une nouvelle idée avec des potes, c'est de créer une plateforme comme la semaine de la mode montréalaise. 

OTH: Donc, vous vous impliquez de plus en plus avec Pierre Bassene et dans tout cela, est-ce comme un partenariat organique entre vous deux ou êtes-vous également devenu une partie de Pierre Bassene ?

A: Pierre est un de mes meilleurs amis donc nous sommes dans le même studio. Ainsi, par exemple, il m'a aidé sur ma dernière sortie, il m'a aidé à écrire la première chanson. Parfois, je l'aide avec quelques idées, comme s'il dit sweat à capuche, je dirai peut-être que tu devrais mettre quelque chose ici et ainsi de suite. Nous collaborons juste comme si c'était un label. Par exemple, ma dernière vidéo, The Moment, nous avons en fait mis nos forces ensemble et il a fait la direction artistique pour créer cette belle pièce. C'est ainsi que nous travaillons, juste en soutenant chacun other et aider chacun otheuh dans tout ce que nous faisons. On travaille ensemble mais on est amis, donc c'est juste des trucs d'amis.

OTH: Quelles sont certaines de vos difficultés auxquelles vous faites face soit dans le mannequinat, la musique, la direction créative ?

A: Je pense dans le mannequinat, mine de rien même si je suis une personne qui est timide j'ai quand même confiance en moi. Mais dans le milieu de la mode, tout se passe par des castings et ça arrive de ne pas avoir de job, alors que tu te dis comment ça se fait que cette personne là à le job. C'était important d'apprendre à ne pas prendre ces choses-là à cœur. Il y a des choses que tu ne peux pas vraiment comprendre, et la carrière de la mode m'a beaucoup aidé à apprendre le fonctionnement de la vie en général. Que c'est ce que c'est souvent et ça m'a formé. C'était une des plus grandes difficultés, essayer de comprendre. 

OTH: Avec vos nombreuses expériences différentes, quelle est l'opportunité la plus cool qui se dégage de tout votre travail ?

A: c'est compliqué à dire, mais je pense que ça a été récemment après le contrat qu'on a eu avec les gars de Toronto, ils m'ont aidé à pouvoir apporter ma musique à un autre niveau. Par exemple, ils ont travaillé avec des gros producteurs, Sonny Digital, Murda Beatz, ils m'ont demandé des boucles, un sample pack. J'ai fait 220 mélodies, que j'ai envoyées pour qu'elles soient envoyées aux grands producteurs. De mon court métrage à celui-ci, j'ai l'impression d'avoir besoin de beaucoup de temps. J'ai été émerveillé de la manière dont ces gars-là sont extrêmement gentils, ouverts d'esprit, accueillant, même-la, je vais sûrement rejoindre le collectif parce qu'ils veulent que je travaille dans la direction artistique avec eux parce qu'ils 'elle est similaire à la direction artistique de LINKS aussi. Ça va être fou. 

OTH: As-tu une manière dont tu veux que le monde voit ta carrière, ta musique, LIENS. Que le monde se souvienne de toi ?

A: je veux juste que le monde se rappelle du love. Juste d'amour. Parce que j'ai l'impression qu'à la fin de la journée on est tous là pour répandre la bonne énergie et c'est ca que je dis à chaque fois. J'ai l'impression que souvent on a tous une vie compliquée, donc quand tu vois une personne extérieure, il faut juste voir l'amour qu'il y a autour et te sentir humain. C'est juste ça à la fin de la journée. Et sur le travail, j'ai juste envie que si j'ai pu inspirer quelqu'un à le faire mieux que moi c'est là que je serais le plus heureux, pousser ça à un autre niveau.

OTH: Quel est l'un des grands objectifs que vous souhaitez accomplir dans le nouvel avenir ? 

A: je veux vraiment faire un film ou faire une bande son, faire le sound design du film. Imagine un film de 2 heures, tu dois faire toute la bande son faire le sound design, c'est vraiment un de mes plus grands rêves. 

OTH: mettre l'ambiance à travers la musique, les effets sonores, c'est vraiment cool. Dernière question, y a-t-il quelqu'un dans la région avec qui vous aimeriez collaborer ?

A: récemment je pensais à Isabella Lovestory et puis, espérons-le, Kaytranada si on peut pas faire un fou shit.

AZIZ EN PERFORMANCE À NEWSPEAK, 2022